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Comme j’aime bien les petits conte chinois et que je viens d’en découvrir un nouveau en rapport avec le festival de la mi-automne. j’ai donc décidé de le partager ici. (source wikipedia)

À l’époque de l’empereur Yao vivait un chasseur, archer d’élite nommé Houyi. Un jour, un fait extraordinaire se produisit : les dix soleils se succédant habituellement au long d’une dizaine de jours apparurent ensemble, asséchant les rivières et brûlant la terre. Yao demanda alors à Houyi d’en abattre neuf de ses flèches, ce qu’il fit. Il obtint grâce à cet exploit une grande réputation. Il en conçut le désir de devenir immortel et partit lors d’une expédition de chasse vers l’ouest à la recherche de la déesse Xiwangmu, maîtresse du Jardin de longue vie. Elle lui confia un élixir à partager avec sa femme Chang’e lorsqu’ils seraient âgés. Houyi, de retour chez lui, transmit les instructions de Xiwangmu à son épouse et enferma l’élixir dans une boîte. Mais un jour qu’il était à la chasse, le désir de connaître l’immortalité eut le dessus et elle ouvrit la boîte pour boire sa moitié d’élixir. Houyi rentrait juste et surprit sa femme qui, décontenancée, avala sans réfléchir l’intégralité du flacon. Les immortels ont le don de se transporter dans les airs, mais Chang’e, ayant absorbé le double de la dose nécessaire, avait perdu le contrôle de son corps. Elle s’éleva jusque sur la Lune où elle demeure depuis.

Le festival de la mi-automne arrivera le 14 septembre 2008 et c’est la bonne occasion pour manger des 月饼 déjà facilement trouvable dans toute petite supérette chinoise aux alentours. Nous avons donc décider d’en prendre un petit avant la date histoire que je me fasse déjà une idée.

J’ai donc mangé pour la première fois un 月饼 ou gâteau de lune sucré celui ci car il en existe aussi des salé et de bien des sortes différentes, certain diront que je suis fou mais c’est plutôt bon (apparemment beaucoup d’occidentaux n’aiment pas cela du tout). On pourrait croire à une sorte de pâte de fruit avec un léger goût de cacahuète et des jaunes d’œuf dur dedans.

Pour ma part j’en suis plutôt satisfait et je compte bien en reprendre encore quelques un d’ici là et en manger pour le 14 septembre.

Origine historique et légende

(source wikipedia)

Sous la dynastie des Tang (618-901), les Tujue, une minorité nationale attaquait fréquemment la frontière nord de la Chine.

L’Empereur Li Shimin envoya le général Li Jing à la tête d’un armée. Après quelques mois de guerre, Li Jing réussit à repousser les Tujue et à rétablir la paix.

La campagne militaire terminée, le général rentra à Chang’an, la capitale, oû il arriva le 15 août du calendrier lunaire. L’Empereur le fit accueillir en grande pompe, comme un héros, au son des cloches et des tambours.

En l’honneur de cette victoire et de la paix retrouvée, un marchand de Chang’an créa pour l’Empereur un gâteau spécial de forme ronde et coloré. L’Empereur Li Shimin le distribua à ses ministres et leur dit qu’il fallait le manger pour inviter la lune. Voilà pourquoi il s’appelle “Gâteau de lune”.

Depuis, la fête de la mi-automne 中秋节(zhongqiujie) est l’occasion pour les chinois de manger des gâteaux de lune 月饼 (yue bing)… et peut-être aussi de se souvenir de l’Empereur Li Shimin et du Général Li Jing.

La tradition historique populaire veut que le signal de la révolte des Chinois Han contre la dynastie mongole Yuan qui allait amener l’avènement des Ming ait été donné par le biais de messages cachés à l’intérieur de ces pâtisseries. En effet, à la différence des Chinois, les Mongols ne mangeaient pas ces gâteaux. Le message caché dans les gâteaux était “Tuez les barbares le quinze du huitième mois” (八月十五殺韃子).

La légende de Niulang et Zhinu (Saint Valentin chinoise)

Niulang était un garçon robuste et travailleur. Orphelin, il vivait pauvrement à l’écart de la ville. D’ailleurs, la ville lui déplaisait et il préférait vivre dans son coin, sans compter qu’il n’était pas seul puisque son ami le taureau partageait sa vie et lui vouait une amitié sans bornes.

Ainsi donc vivait Niulang, cultivant son champ avec son taureau, chassant et pêchant pour assurer son quotidien. Un jour, il décida de partir un peu plus loin, jusque dans la forêt qu’il ne connaissait pas. Toujours accompagné du fidèle animal, il trouva l’endroit charmant et surtout il prit plaisir à écouter les oiseaux. Il flâna ainsi quelques heures, à profiter du calme de la forêt. Ses pas le menèrent ensuite vers un grand lac que le soleil éclairait.

Mais le ciel se couvrit bientôt et, levant la tête, il aperçut soudain une chose étrange: neuf jeunes filles descendaient des nuages. Elles semblaient flotter dans les airs! Arrivées près du lac, les jeunes filles commencèrent à se déshabiller. Tout en se taquinant, elles riaient toutes de bon coeur. Nues, elles plongèrent alors dans le lac et profitèrent de la douceur du soleil qui était revenu.

Caché derrière un buisson, Niulang suivait le spectacle sans en perdre une miette. Se pinçant pour vérifier qu’il ne rêvait pas, il n’en croyait pas ses yeux : ainsi donc, les anges existaient et venaient parfois sur terre… Depuis sa cachette, il suivait leurs jeux et tomba vite sous le charme. Parmi ces créatures ravissantes, une d’entre elles, la plus jeune, retenait particulièrement son attention. Elle était tellement belle qu’il en tomba immédiatement amoureux.

Après quelques heures de plaisirs aquatiques, la plus âgée rappela ses amies et leur fit un signe: il était temps de rentrer. Peiné de constater que l’élue de son coeur allait s’évanouir, il consulta son ami le taureau afin trouver une solution pour retenir la plus jeune, dont le nom était Zhinu.

Cache-lui ses vêtements! lui conseilla-t-il.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Et tandis que les autres jeunes filles regagnaient déjà les nuages, Zhinu cherchait encore son vêtement. Alors qu’elle commençait à perdre patience, elle s’aperçut que quelqu’un l’observait. Apeurée, elle se réfugia tout de suite dans un buisson afin de cacher sa nudité. Maladroit, Niulang s’approcha d’elle en tenant quelque chose à la main.

Le jeune homme se présenta et lui rendit son vêtement tout en lui déclarant sa flamme. Amusée plus que fâchée par le tour que lui avait joué ce terrien, Zhinu fût aussitôt conquise par ce jeune homme si timide et tellement charmant.

Ainsi Zhinu décida-t-elle de rester sur terre et d’y vivre avec son bien-aimé et son ami le taureau. La vie s’écoula tranquille et heureuse pour le jeune couple. Durant ces deux années, un garçon et une fille vinrent agrandir la famille de Niulang et Zhinu qui vivaient un amour idéal et savouraient un bonheur parfait.

Mais pour les autres anges du paradis, Zhinu avait trahi. Les lois du ciel interdisent en effet à un ange de un terrien, fut-il le meilleur d’entre eux. Aussi, un jour que Niulang était parti à la pêche avec ses enfants, les anciennes compagnes de la jeune femme vinrent la chercher pour la ramener chez elles. Devant son refus de les suivre, elles décidèrent alors d’employer la manière forte et enlevèrent Zhinu, sans autre forme de négociation. A l’idée de ne plus revoir son mari et ses enfants, la jeune femme se mit à pleurer et les appela de toutes ses forces.

De l’endroit où il pêchait, Niulang entendit les cris de sa bien-aimée. Il bondit alors sur son ami le taureau et le fit courir aussi vite que possible. L’animal y mit tellement d’énergie qu’il rattrapa bientôt Zhinu qui ralentissait de toutes ses forces l’envol de ses anciennes congénères. Mais c’était oublié que les agresseurs étaient des anges et qu’elles avaient des pouvoirs magiques!

Voyant Niulang se rapprocher dangereusement, elles firent alors apparaître une rivière entre elles et leurs malheureux poursuivants. Face à cet obstacle infranchissable, Niulang et son taureau s’arrêtèrent net. Désespéré, il appela Zhinu que les anges avait relâchée. Sur l’autre berge, la jeune femme était effondrée à l’idée d’être séparée de ceux qu’elle aimait.

Émus par la situation, les oiseaux de la forêt qui connaissaient bien le jeune couple, décidèrent d’agir dans l’instant. En quelques secondes, les pies se réunirent et formèrent un pont au dessus de la rivière. Ainsi, les deux amants purent se rejoindre et tombèrent, ivres de bonheur, dans les bras l’un de l’autre. Au bout d’un moment, Zhinu se résolut à annoncer à Niulang la triste vérité:

- Il m’est interdit de vivre plus longtemps avec toi! sanglotait Zhinu.

- Comment cela? s’exclama son époux, ne comprenant plus rien.

- Je ne suis pas de ce monde, et il me faut retourner vivre là d’où je viens. Toutefois, une grâce nous est accordée. Ainsi, je reviendrai te voir chaque année, à cette date, à cet endroit.

A peine Zhinu avait-elle achevé sa phrase qu’elle s’envola, filant à travers les airs vers le nuage duquel elle était descendue…

Et c’est ainsi que tous les ans, à la date anniversaire de ce jour qui a été fixée au 7 juillet dans le calendrier solaire (le 7ème jour de la 7ème lune dans le calendrier lunaire), les amoureux fêtent les retrouvailles de Niulang et Zhinu.

Une autre Saint Valentin.

Maintenant, la nuit venue, levez les yeux vers les étoiles et vous constaterez que l’histoire de Niulang et Zhinu n’est peut-être pas une légende. En effet, les étoiles du bouvier (Altaïr) et celle de Zhinu (Véga) sont toujours séparées par la voie lactée…